Nouvelles Naturelles du Bizardin – Mai 2016

Le Bizardin est presque au plus haut de sa forme et de sa beauté en ce moment. Sur la Butte du portail, le rosier jaune «Canary bird» aux grandes églantines est splendide, bien qu’un sureau, cet envahisseur tous azimuts, tente de le déloger…Les aubépines sont en fleurs, tout reverdit à toute vitesse.

Le pommier à fleurs est défleuri, dommage, mais d’autres merveilles apparaîtront bientôt.

Au potager: fèves et oignons poussent bien, les fraisiers sont en fleurs. Kassoum a semé des petits pois, Karima aussi je crois. Les artichauts sont en forme.

Le premier carré de médicinales, à gauche, a été supprimé hier un peu précipitamment par Kassoum; dommage, c’était trop tôt, mais il était trop envahi par l’aspérule odorante*. Un bon coup de pluie et tout ce qui reste au bord va reprendre vie et fleurir bientôt.

Les carrés font grise mine, ils attendent les jardiniers, qui sont peut-être restés engourdis par la froidure d’avril…?
Hervé, un nouveau bizardinier et jardinier expérimenté, commence à défricher la deuxième partie du potager. On y mettra potirons et courgettes. A cet endroit, le long de la cabane, l’ail des ours** prolifère, très joli en avril.
La clématite grandiflora blanche sur la clôture est géniale, la glycine de l’autre côté aussi.
A propos du potager, deux tendances se dessinent parmi nous: les uns, les jardiniers purs et durs, jardiniers depuis longtemps, qui voudraient gagner de l’espace en supprimant les carrés, qui désherbent, qui seraient tentés par des traitements, ne paillent pas, arrosent beaucoup, n’ont jamais entendu parler de permaculture*** mais savent très bien produire et récolter; d’autres, sans pratiques potagères antérieures, peu motivés par une culture intensive,
soucieux de préserver l’environnement, qui laissent pousser à la va comme j’te pousse. Entre deux, ceux comme moi qui se documentent mais agissent peu (l’arthrose a bon dos), regardent des vidéos de «La graine indocile» (recommandées), parlent de « lasagnes» au potager, proposent des visites au jardin de la Fraternité ouvrière de

Mouscron… Une visite en juin?

Ce matin, Hervé a découvert un triton dans le pied d’oseille. Emerveillé par cette découverte, il dit que c’est une belle réussite pour les bizardiniers, c’est une chose rare en ville. On pense que c’est un triton palmé, ponctué, ou…?

Le Bizardin est grand, beaucoup de choses à observer, à découvrir.

Plein de grenouilles rousses dans la Marechouette.
J’ai constaté qu’une partie des saules des tunnels sur la Butte des Enfants sont morts, on verra ensemble ce qu’on fera pour les remplacer.
Ceux qui font la taille habituellement s’en féliciteront, moins de travail en perspective…
J’ai vu aussi que les ajoncs défleuris doivent être taillés sévèrement, ils reverdiront rapidement.

Chers bizardiniers, tous au Bizardin à 10h le samedi 21 mai, on fera un beau jardin pour le 29 mai!

Vous recevrez bientôt le compte rendu de la dernière réunion. La prochaine: le mardi 7 juin à 18h au jardin.

Christiane

*En cuisine, on utilise l’aspérule odorante pour parfumer les entremets, boissons, gâteaux. Toutefois, c’est en sirop ou dans le « vin de mai» qu’elle est le plus dégustée. On la récolte au début de la floraison, en général à partir de début mai, en coupant avec un couteau bien aiguisé les sommités fleuries avec les feuilles, assez loin du sol pour qu’elle repousse bien les années suivantes. Puis on en laisse macérer 50 grammes pendant 15 jours dans un litre de vin (blanc ou rouge, mais de préférence biologique) avec 50 grammes de sucre. Au bout de 15 jours on filtre et on met dans des bouteilles type bouteille à cidre bouché ou à limonade, car la macération rend le mélange gazeux. Le vin d’aspérule est un apéritif agréable et peu alcoolisé. À consommer de toute façon avec modération.. En Belgique on appelle ce vin d’aspérule le Maitrank ce qui veut dire «boisson de mai», la recette, mise au point par des moines, daterait du 9ème siècle…
Variante: mettre 3 g d’aspérule séchée dans un vin d’Alsace, de Moselle, voire un Bergerac ou un vin du Lubéron, avec une demie orange coupée en tranches. Laisser macérer 2 à 6 heures au frais. Filtrer, puis ajouter de la cannelle et du sucre (100 à 150 g selon le vin et les goûts). Bien mélanger, et servir frais.
On peut aussi la préparer sous forme d’infusion : le «thé d’aspérule», qui a des vertus sédatives. Stimulante de la digestion et du foie, elle est diurétique et légèrement antiseptique. En cure de printemps, elle débarrasse le foie des toxines accumulées durant l’hiver. Elle est également particulièrement indiquée contre l’insomnie, la nervosité excessive, l’anxiété, le stress, l’émotivité. La plante séchée est également utilisée pour repousser les mites, car le parfum de la coumarine les fait fuir et parfume agréablement le linge durant plusieurs années.
**L’ail des ours, Allium ursinium, se nomme également : ail sauvage, ail des bois, ail à larges feuilles, ail pétiolé… L’ail des ours se cuisine comme les épinards, l’oignon vert, l’ail frais. Toutes les parties de la plante se consomment : feuilles, boutons floraux et fleurs. La plante se multiplie par ses bulbes, ne pas l’arracher. Pour une récolte raisonnable, il suffit de couper les feuilles et fleurs à la base en laissant les bulbes en place. Ne prélevez que ce dont vous avez besoin pour votre consommation personnelle.
ATTENTION! Ne pas le confondre avec le muguet ou le Colchique d’automne qui sont toxiques ! Ces plantes ne sont pas au Bizardin, mais en cas de doute, abstenez-vous ! En effet, avant la floraison, les feuilles d’ail des bois ressemblent beaucoup à celles du muguet de mai et du colchique d’automne. Ces deux dernières sont plus tardives et toxiques ! Par contre, question boutons floraux et fleurs… rien à voir !
***Permaculture: mode d’aménagement écologique du territoire, visant à concevoir des systèmes stables et autosuffisants et à produire de la nourriture en renforçant l’écosystème.» (Petit Robert) ou bien «Une conspiration des plantes pour conquérir la planète» (P.Whitefield)