Les « Mauvaises herbes » (ou adventices) au Bizardin

Une adventice est une plante très culottée qui pousse là où le jardinier ne l’a pas invitée. Cet ignorant l’appelle « mauvaise herbe », la considère comme nuisible et l’arrache sans pitié. Au Bizardin, nous en sommes abondamment pourvus. Parmi elles : bouton d’or, chardon, chénopode, fumeterre, liseron des haies et des champs, pissenlit, podagraire (ou égopode ou herbe aux goutteux), rumex… Mais savez-vous que les « mauvaises herbes » ont parfois du bon ?

Le cirse des champs, le chardon le plus commun : redoutable envahisseur ! Il colonise un sol fraîchement travaillé en moins de deux ! Il est recommandé de limiter sa propagation en l’arrachant avant la montée en graines. La prairie fleurie de la Maravane n’est qu’un champ de chardons auquel il faudrait s’attaquer assez rapidement, par fauchage ou arrachage, car point trop n’en faut !

Cependant : il est très recherché par les abeilles qui y trouvent en abondance pollen et nectar. Il est aussi une réserve de nourriture pour le chardonneret et autres oiseaux granivores.

Les chenilles de beaux papillons comme la belle-dame, ou « vanesse du chardon, les dévorent, ainsi que les coccinelles. La chrysomèle, ce petit insecte brillant comme un bijou, qui s’attaquent au laurier-tin, à la menthe et autres aromatiques, en fait ses délices.

chardon Marie

A propos de chardon, on héberge au potager le chardon-Marie, silybum marianum, facilement reconnaissable à ses feuilles vert pâle brillantes et épineuses marbrées de blanc. Le chardon Marie, plante précieuse, est utilisé en phytothérapie pour ses effets bénéfiques sur le foie.

Le liseron des champs et le liseron des haies : pour le jardinier, ces sauvageonnes sont une calamité car elles peuvent étouffer les plantes auquel elles s’enroulent.

liseron des haies-calystegia sepiumPour l’éliminer, essayer un engrais vert à l’automne, seigle+vesce, à faucher au printemps. Ou prendre soin de l’extirper à la fourche-bêche ou à la grelinette, ne pas fractionner les racines car ainsi on le multiplie ! Ou encore : recouvrir le sol d’une bâche opaque pendant au moins une saison, le liseron s’épuisera à la longue.

Pourtant, le liseron a lui aussi ses partisans : il est utilisé en jardinage écologique pour attirer les syrphes (insecte qui ressemble à une guêpe, prédateur de pucerons et pollinisateur hors pairs), car il est très mellifère, recherché par de nombreux insectes. Il est aussi une plante riche en nutriments, plante indicatrice, témoin d’un sol qui manque de silice et qui remédie à ce manque.

Et le liseron des haies est une plante médicinale qui soigne le foie.

Le chénopode blanc, (alias chou gras, poule grasse, patte d’oie, drageline, senousse, ansérine blanche…). Classée « parmi les pires mauvaises herbes », cette plante pousse n’importe où et se répand très vite ! Redoutée car elle nuit au rendement, et ses graines innombrables se conservent très longtemps dans le sol. Elle indique un sol riche en magnésium et azote. Un bon point : elle aussi a développé des résistances aux herbicides. Encore une qui fait un doigt d’honneur à Monsanto.

chénopodeLe « chou gras » est un pur délice : on peut consommer ses feuilles comme les épinards et les tiges comme asperges, à récolter quand elles sont tendres. Le chénopode est riche en protéines, vitamines A et C, et en calcium *. En notre siècle de développement intensif et du non-renouvelable, le chou gras, cet aliment sauvage, est une valeur sûre face à une agriculture à la dérive. Dans le potager se cache la plus solide des richesses.

A SUIVRE…

* Recettes : voir http://cuisinesauvage.org/les-plantes/voir/plante-21-stade-0-chenopode-blanc/